J'ai lu l'article.
Son but semble être de mettre en scène, pèle-mêle:
- Le Judéochristianisme, pour le dénigrer. Pour parler de langue-mère, il n'y a besoin d'aucune référence à la religion.
- Les langues régionales, qu'il mélange allègrement avec les patois et les dialectes. D'une part, il étale d'une manière éclatante son ignorance du sujet. D'autre part, il veut absolument faire la démonstration que les traditions des peuples seraient du racisme.
Il démontre par là qu'il souffre d'un jacobinisme obtus, typique à ceux qui pratiquent le patois parisien.
- Il semble même ignorer que les peuples ont migré (les Corses, un peu moins que les autres). Sa remarque au sujet de "des dialectes ... correspondant à une étroite zone géographique déterminée par le pas d'un homme avant l'invention du moteur" est totalement ridicule.
Ce qu'il décrit, c'est la définition du Département, tel que créé par la République Française. (et on sait bien que les Départements français ne couvrent que des parties des États de l'Ancien Régime)
- Il ne semble pas connaitre la différence entre race et ethnie. Une des principales caractéristiques de l'Europe est de privilégier les aspects ethniques, y-compris dans la plupart des régions autonomistes de l'Hexagone.
- Son ignorance de l'Histoire est tout aussi patente: Les Constitutions étasunienne et françaises ont été inspirées par
la République Corse bâtie par Pascal Paoli. Le Peuple qu'il présente comme ignare et raciste est celui qui a lancé les idées universalistes de la République qu'Onfray prend pour modèle.
Au fond, il opère un amalgame entre l'attitude de quelques extrémistes des causes régionale et l'autodéfense contre le jacobinisme, la mondialisation étant dans le prolongement du jacobinisme.
Dans les régions frontières, le jacobinisme français aboutit exactement à l'inverse de ce qu'il écrit. Alors qu'il existe un continuum qui ignore la frontière, le Jacobin français arrive avec son arrogance, sa culture et son patois parisiens, en ignorant tout ce qui est commun entre les deux côtés de la frontière, et y apporte la division.
C'est l'existence d'un centre qui crée une périphérie, pas l'inverse.
Pour lui, il y a des peuples qui ont perdu, dont le Peuple français, et les perdants n'ont qu'à baster et demeurer sans broncher sous le joug du vainqueur.
Ça va même plus loin: Si le vainqueur décide de céder un morceau de ses possession à telle ou telle idéologie, le vaincu devrait automatiquement se laisser faire, comme les serfs ont été traités dans l'ancien régime.
Pour saisir ce que j'entends, il n'y a qu'à mettre "entreprise" à la place de "Peuple régional".
En conclusion, je trouve que, si on approfondit un peu, il ne reste pas grand chose de sa démonstration.